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Visite des locaux BSG
Texte original provenant du site Hollywood North Report.
Attention : interview contenant des spoilers sur la fin saison 2 !
C'est vrai qu'il pleut dans ce sombre après-midi d'hiver, mais à l'intérieur du Vancouver Films Studio, l'idée d'être pris dans les déluges hivernaux est loin de mon esprit. Cette idée semble loin des acteurs et de l'équipe de tournage aussi. Même si l'équipe n'est pas non plus d'humeur exubérante, elle est certainement au beau fixe.
Tout ça est encore plus amusant que Jamie Bamber revient d'entre deux prises, de retour d'une séance de maquillage et portant une perruque style années 70, ce qui pousse un technicien à remarquer
« ça le fait ressembler à Stephen Tyler » (ironiquement, ça lui donne plus un air de Richard Hatch, mais c'est tout ce que je vais dire à ce sujet).
Alors que l'équipe s'amuse des blagues et des rires foisonnants, le réalisateur Michael Rymer se tourne vers moi avec un large sourire et un hausse les épaules. Ils y tournent les deux derniers épisodes de la série, et tout le monde est sans l'ombre d'un doute d'humeur à célébrer alors que la série finit sa seconde saison réussie et acclamée. Cependant, au cours de cet après-midi particulier, l'attention ne se porte pas sur Jamie Bamber, - qui en profite pour frimer avec sa nouvelle coiffure - mais plutôt sur Edward James Olmos et Mary McDonnell, qui filment une scène de la première partie de 02x19 « Lay Down Your Burdens 1/2 ».
Rymer parle avec moi pendant la pause. Entre autres choses, il explique qu'il a un projet de film personnel qui est en gestation depuis un certain temps, et dès que la saison 2 se termine, il part à Londres pour travailler. Mais pour le moment, malgré la jovialité qui règne sur le plateau, on peut voir que le centre d'intérêt de Rymer se situe sur le final de la saison, afin de faire du mieux qu'il peut, et il nous dit que ce n'est pas facile.
Dans l'histoire, la campagne présidentielle bat son plein. L'issue des élections dépend d'un débat essentiel : choisir si oui ou non ils abandonnent la recherche de la Terre alors que le Galactica découvre une planète habitable. Quand la balance commence à pencher du côté de Baltar, un homme dont Roslin est convaincue de la collaboration avec les Cylons, cette dernière doit décider si elle doit oui ou non prendre des mesures drastiques pour le bien de tous.
Les choses se compliquent de plus en plus lorsque les Cylons, dirigés par Caprica-Six et Sharon Valerii, trouvent la planète et offrent à l'humanité une étonnante proposition de paix.
Rymer appel au calme, et alors que les babillages de l'équipe s'éteignent en un murmure, McDonnell et Olmos commencent à réciter leurs dialogues. Je les regarde jouer la scène dans les quartiers d'Adama - seulement à dix mètres de moi - à travers le moniteur du réalisateur. Soudain, le dialogue calme est ponctué de rires, pas de l'équipe, mais de McDonnell, ou plutôt devrais-je dire de Laura Roslin.
« Non, ne me laissez pas commencer sur le sujet - non, non... » implore Roslin, étouffant une cacophonie de gros rires.
« J'avais l'habitude... de pouffer de rire... avant les débats... au lycée ».
Il y a une magnifique humanité à la séquence, alors que la présidente - se préparant pour un futur débat contre Baltar - discute avec Adama des petits rituels que l'on emploie tous pour calmer nos nerfs avant d'entrer dans une situation particulièrement stressante. Mais finalement, Roslin laisse ressortir l'énergie refoulée et explose de rire. C'est une scène que l'actrice expérimentée doit répéter prise après prise, alors que l'équipe de production fournit autant d'assurance que possible pour le montage final.
C'est aussi un magnifique exemple de technique de travail. Il a souvent été répété que pleurer à la demande peut être difficile pour un acteur, mais rire de façon répétée donne l'impression d'être encore bien plus dur.
Entre les prises, alors qu'une femme arrange le maquillage de McDonnell, j'obtiens un aperçu de l'étrange sorte de concentration qu'il lui faut pour rire encore et encore, sur commande.
« C'est la différence entre être professionnel ou amateur » me dit McDonnell avec un sourire désarmant, la langue plantée fermement dans la joue. Bien sûr, elle a absolument raison. Et Mary McDonnell n'est pas moins qu'une professionnelle affirmée. Native de Wilkes-Barre, Pennsylavnie, McDonnell est devenue renommée pour son travail au théâtre sur la Côte Est, travaillant pour plusieurs compagnies dont la Long Wharf Theatre Co., pendant plus de 20 ans. En 1990, elle a obtenu son plus grand rôle dans le film épique de Kevin Costner
Danse avec les loups dans le rôle de Dressée avec le poing, une femme blanche élevée par des Indiens. Le rôle lui a fait obtenir une nomination à l'Academy Award en tant que meilleure actrice.
En 1992, elle a reçu une seconde nomination pour son rôle dans
Passion Fish, un drame complexe à propos d'une star de soap égocentrique qui doit réapprendre à vivre avec son entourage suite à un accident de voiture qui la prive de l'utilisation de ses jambes. Ce fut un rôle qui démontra amplement la capacité de McDonnell à se rendre compte de ce que c'est que d'être humain.
Ses autres films incluent
Grand Canyon (1991),
Les Experts face à Robert Redford (1992),
Independance Day (1996) et
Donnie Darko (2001) où elle joue la mère du héros.
Bien que remarquablement pleine d'assurance quant à son interprétation de Laura Roslin, McDonnell est merveilleusement approchable et gracieuse quand on en vient à discuter de son personnage. C'est une femme qui transmet un immense sens de grâce et de calme dans son comportement et on peut sentir son énergie lorsqu'on est près d'elle. Elle est aussi très consciente de l'importance grandissante de la série dans la culture générale et j'ai parlé brièvement avec elle de cela et des aspects du personnage de Laura Roslin.