Bon épisode centré sur la déconstruction et la reconstruction des esprits : Incarcération, évasion, vengeance et réintégration de Daniel "Bulldog" Novacek ; L'amiral Adama qui culpabilise pour une mission ancienne d'espionnage (bien qu'il ne soit pas responsable du long silence des cylons), qui propose sa démission que Laura Roslin -excellente dans cet épisode- refuse avant de lui remettre une distinction suprème de l'Amirauté ; Saül Tigh qui, tombé au plus bas, semble retrouver un semblant de forces après sa confrontation avec "Bulldog" et enfin n°3 qui rêve et meurt pour rescusciter plus éclairée.
Pas trop de coups de feu dans cet épisode mais une très bonne approche psychologique.
Premier quasi stand-alone de la saison traitant d'un sujet périphérique à l'intrigue principale (mais non pas complétement déconnecté). Ce type d'épisode fédère généralement moins d'enthousiastes. Il est clair que ce n'est pas le genre d'épisode que l'on est susceptible d'utiliser pour illustrer la qualité globale de la série.
Mais il n'empêche que je trouve que ce sont des épisodes nécessaires à l'enrichissement thématique et contextuel de la trame générale. Et celui-ci à le mérite d'être un épisode introspectif qui soigne
l'écriture de ses personnages meurtris.
Hero nous parle de la notion de responsabilité individuelle et de la façon dont elle est gérée et digérée par des hommes qui en qualité de leader se retrouvent contraints par les circonstances et la structure militaire ou paramilitaire à accomplir des actions qui pèsent ensuite sur leur conscience et les marquent à vie.
C'est le cas d'Amada avec cette lointaine mission de surveillance contre les cylon mais en "écho hématique" c'est le cas pour Tigh et la mort de sa femme.
D'abord Adama.
Le scénario léve le voile sur la carrière militaire d'Adama avant l'attaque cylon. Il est intéressant d'apprendre que le Galactica, ce vieux coucou dépassé technologiquement par rapport à d'autre Battlestar comme le Pegasus ou son ancien commandemant le Valkiry, était un placard donné par l'Amirauté à la suite d'une carrière qui fut loin d'être l'occasion pour Adama de briller. Une carrière finalement peu en phase avec le héro qu'il est aujourd'hui aux yeux de
ce reste d'humanité et dans laquelle cette humanité met tant d'espoir (ce qui n'a pas échappé à la Présidente Roslin qui voit dans cette remise de médaille une bonne occasion d'entretenir cette espérance).
Le scénario développe aussi le contexte géopolitique entre cylon et humain d'avant l'attaque sur les Colonies. On apprend qu'il y avait plutôt une sorte de guerre froide qui existait entre les deux camps après l'Armistice et que celle-ci était soigneusement conservée confidentiel par les pouvoirs en place. Donc tout ça est très bien, ça enrichit un contexte.
Mais il existe toujours un problème avec les contextes qui sont écrit rétroactivement. Difficile d'impliquer émotionnellement le téléspectateur face aux états-d'âme des personnages motivés par des événements dont ils n'ont pas été "témoins en live" au cours de la série. Et en plus puisque ce n'est absolument pas un développement prémédité de la part des scénaristes, rien dans les épisodes précédents ne s'est écrit autour de cette félure d'Adama.
Soyons clair, l'emploie de séquences flashbacks étaient pertinentes ici car elles évitent d'allourdir la narration de longues scènes d'exposition. Ces dialogues là sont toujours des plaies dans n'importe
quel récit audivisuel. C'est pas dificile la quantité de ce type de dialogues est l'un des premiers critères dans mon appréciation du standing d'écriture d'une série. Et à l'instar de cet épisode, BSG évite souvent avec élégance, ce piège là.
Malgré cela ça ne vaut pas l'expérience de "première main" du récit qui est plus à même de conditionner le téléspectateur à son impact émotionnel. Et donc ici on a un peu du mal à entrer en empathie avec Adama et son irraisonnable sentiment de culpabilité dans ce qui a
amené aujourd'hui l'humanité au bord de l'extinction. C'est vraiment intéressant de rendre le personnage irrationnel dans sa part de responsabilité parce que ça colle parfaitement avec le climat désespérant de la série qui crée forcémment des personnages psychologiquement fragile même chez les leaders. C'est totalement humain. Mais on a du mal à y adhérer car "on n'était pas là".
Et c'est pas force d'avoir essayer parce qu'Olmos offre quand même une sacré performance et en particulier dans cette scène très bien écrite de confession à son fils où le personnage ne peut contenir ses larmes.
Une scène qui se retrouve d'ailleurs interdécoupée avec la scène où la rancoeur de Tigh pousse celui-ci à balancer Adama à Bulldog. Un montage remarquablement réalisé qui sublime cette séquence centrale de l'épisode.
D'ailleurs, concernant Tigh...
... cette partie du scénario est bien plus efficace et empathique car elle s'incrit vraiment dans la continuité du drame qui s'est contruit devant nos yeux. Un Tigh au sixième dessous qui imbibé d'alcool moisit dans ses quartiers se rattachant aux derniers vestiges vestimentaires de sa femme tuée de ses propres main. Là du coup ça nous parle beaucoup plus.
Il faut souligner, et on ne le fait pas remarquer assez souvent d'ailleurs, mais la qualité de l'interprétation de Micheal Hogan dans la peau de Tigh n'a absolument rien à envier à Olmos, McDonnell
(Roslin) ou Callis (Baltar). Ces 4 là sont aussi formidables l'un comme l'autre.
Je veux pour preuve cette merveilleuse scène finale de l'épisode tout en retenue où Tigh trouve enfin le courage de venir se confier à son supérieur et néammoins grand ami au sujet d'Ellen.
Pendant ce temps sur le basestar cylon...
... Baltar semble prendre du très bon temps. Comme on dit: après la torture, le réconfort. Laure l'autre jour écrivait avec malice qu'il prendrait certainement du bon temps avec N°6, c'était sous-estimé le personnage et sa capacité à miser sur deux numéros à la fois. Le numéro complémentaire est le N°8. A voir si avec ce triolisme il va toucher le jackpot...
Peu de scène sur le basestar cylon. Mais toutes étaient intéressantes puisqu'elles creusent de manière très intriguante et aussi pertinente qu'innatendu le personnage de la cylon D'Anna qui n'hésite pas ici à
se suicider pour tenter de découvrir ce qui se trouve "entre la vie et la mort", un état que permet la condition cylon et où réside l'origine des croyances de ce peuple.
D'ailleurs ce qu'elle y voit interpelle: 5 formes humanoide convertes d'un voile blanc lumineux. 5. 5 comme les Finals Fives, les cinq cylons qui manquent à l'appelle? La coincidence serait trop grande s'il n'y a aucun rapport.
C'est délicieusement métaphysique, je trouve les théories pouvant en découler passionnantes.
Un petit mot sur la guest star de l'épisode. C'est un immense plaisir de retrouver Carl Lumbly (Bulldog) après son travail de coéquipier de Sydney Bristow dans Alias. A l'époque j'espérais que le personnage devienne récurrent dans la série car je trouve qu'il fait montre d'un très intéressant charisme. Malheureusement la suite de la saison montrera que les scènaristes n'ont pas eu l'inspiration de réutiliser
le personnage renforçant ainsi le caractère stand alone de cet épisode. Dommage!
Ma note: 7/10
Largement périphérique certes, largement improvisé certes, mais utile à la complexité du récit, bien écrit et remarquablement interprété.
Pour comparaison, c'est bien mieux que la plupart des stand-alone de la saison 2.
Non pas vraiment Falindor , comme le dit pertinemment Roslin , c'est la somme de petits détails bon ou mauvais qui a conduit à l'attaque des douze colonies.
Rappelle toi les Cylons ont un plan et celui ci n'a pas commencé qu'à partir de cette fameuse attaque et encore moins avec l'incident "Bulldog".
Il était préparé sciemment à l'avance ,les Cylons "se projettent".D'un autre point de vue , tu as raison puisse que le Cylon est une création de l'homme.
j'adore ce stand alone particulièrement , pour la finesse de ses dialogues , son interprétation, sa richesse thématique. Encore une fois aprés New Caprica, une conception humaine ( l'héroïsme ) est jetée de son piédestal avec une pertinence qui force le respect..
mais ce stand alone nous éclaire pas mal sur des points obscures de l’histoire.
C’est un épisode qui nous renvoie aussi au miroir en inversant les valeurs.
Le parcours de Bulldog est à mettre en parallèle avec celui de Boomer dans la saison 1. Il s'agit une fois encore de tout un schéma psychologique destructeur qui conduit à une seule issue : Tuer Bill Adama!
notez l'obsession qu'ont les Cylons à vouloir la peau d'Adama par tout les moyens , Bill Adama figure patriarcale par excellence ! Bill Adama qui leur résiste , leur tient tête qui les empêchent de profiter pleinement de la "mère"_ l'humanité , c'est à dire avec concupiscence et sans inhibitions: .
Maintenant on comprend mieux cette autre obsession du Cylon , celle de poursuivre ces quelques 40000 rescapés jusqu’ à la déraison, c’est à dire jusqu’à sortir du plan ( New Caprica). C’est leur propre culpabilité qu’il chasse , le regard réprobateur du père qui les accuse ( ou qui les accusera un jour) d’avoir désiré la mère. Et qui donc représente d’un point de vue symbolique la force du père dans la flotte , c’est Bill Adama . il faut donc « castré » le père : tuez Bill ( sans jeux de mots Tarantinesque !) . Car sans lui , la flotte se liquifirait en deux secondes comme le démontre divers épisodes.
Sauf que dans Hero, ils n’ont plus besoin d’un agent infiltré pour cette sale besogne , mais d’un humain, ce qui vous le verrez dans cette saison 3 tend à brouiller de plus en plus la frontière qui nous sépare du Cylon et inversement. _________________ "La douleur ou le dommage ne mettent pas fin au monde, ou encore le désespoir, ou les putains de défaites. Le monde prend fin quand on meurt. Avant ça, tu as encore plus de châtiments en réserve , fais y face comme un homme.. et rend quelques coups. "
Al Swearengen .
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Mar 15 Mai 2007, 15:13:34
Buckaroo a écrit :
Non pas vraiment Falindor
En soit c'est le fait d'avoir créer les Cylons qui à causé la fin des douze colonies, mais pour moi c'est l'Homme qui est à l'origine de la seconde guerre et di génocide. _________________ I'm Back!
J'ai adoré cet épisode, la repentance d'Adama d'avoir laisser tomber ( et même plus que ça ) son pilote et amis.
J'ai adroré aussi comment Saul arrive à maîtriser BULLDOG quand celui apprend la vérité sur sa mission dans la Zone Neutre, et s'en prend physiquement à Adama. _________________ I AM A CYLON
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